UNE EMPLOYEE MODELE
Paradoxal non ? Ou plutôt inepte. Et nous ne sommes pas au bout des nos désillusions devant une lénifiante et ahanante chronique – un honnête chef d’entreprise travailleur et pragmatique manipulé par un consortium amerloque, comme il aime à le qualifier, et une mante religieuse incarnée à la silhouette d’ange et au regard asservissant – en état de déréliction distanciée qui s’étiole dans une flasque transparence, névralgie lancinante infusant dans la fumeuse, létale et bien plate Swimming Pool de François Ozon (la musique de Philippe Rombi commune aux deux films charriant une torpeur de suspense). Inconsistance de la mise en scène qui se complaît dans la médiocrité insipide – exceptée la frontalité vénéneuse qui exhale le charme méphitique de Delphine Rollin dans le plan final ou lors du premier coït –, rebondissements au rabais se prenant les pieds dans les subterfuges les plus éculés, personnages peu ou pas concernés par le développement fastidieux sinon hasardeux d’une histoire ringarde sans la moindre once d’originalité ou de spontanéité – rien en nous sera épargné jusqu’au flic zélé et décalé citant Karl Mark et Jean-Paul Sartre à ses heures perdues, la naïveté retorse du cinéaste tend à délayer l’assertion selon laquelle l’existentialisme est un humanisme –, tout concourt à une caricature fadette plombée par le foisonnement de références cinéphiliques (Fritz Lang pour le meurtre du mari violent, Federico Fellini avec la pataugeoire navrante mais encore Billy Wilder ou Alfred Hitchcock), mal digérées et récitées avec une détestable application. Au gré de ce bouillon frelaté qui se vautre dans la carence d’enjeux scénaristiques aussi bien que sexuels – dérive prophylactique on y baise parce qu’il faut sans envie et sans attouchements la première fois (personnages soigneusement séparés, chacun habitant l’hédonisme de son plan autocentré) – nous perdons progressivement pied avec la dilution de l’épaisseur intrigante qui saupoudrait les premières minutes congruentes, tout à la fois subéreuses et vitaminées.
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F.
Flament |
Film franco-belge de Jacques Otmezguine (2002). Une chronique au rabais, caricature fadette, lénifiante et insipide dont les personnages peu concernés, même la splendide Delphine Rollin, s’étiolent dans une flasque transparence. Sortie France : 6 Août 2003.
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